[1569]
DE LA VILLE DE PARIS;
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entiennc et qui sert tant à la decoration dc lad. Ville'1' que à mettre et loger les prisonniers, tropt plus seures que Sainct Martin des Champs ct plus près des juges.
Et en lad. Assemblée tenue led. jour et an que dessus desd, sieurs Prevost des Marchans, Eschevins et Conseillers d'icelle Ville, pour adviser et deliberer sur aultres lettres envoiées par le Roy et la Royne Mere touchant le faict de l'office de Conterolleur de lad. Ville, a esté conclud et resollù que l'on se tenoict à la resolution prise et faicte en l'Hostel de lad. Ville pour le mesme office dud. Conterolleur
d'icelle Ville le mardy, quatorziesme jour d'Octobre precedent.
Quant aux pourtraietz ou modelles présentez, l'un par ung nommé Montaigne, procureur de l'abaye de Sainct Germain des Pred/., et l'autre par mess™ les Gouverneurs de l'HostclDieu de Paris'2', qu'on se doibt tenir à celluy de l'Hostel Dieu, ct que lesd. Gou­verneurs pourront, si bon leur semble, achepter de mons1, de Paris au Chappitre de Paris le lieu sur le­quel led. pourtraict a esté faict pour l'acroissement dud. Hostel Dieu de Paris, et le faire bastir à leurs despens selon led. pourtraict'3'.
CLXXXIV. — Pour l'érection d'ung poix au bled. Remonstrances au Roy qu'on ne doibt ériger ung poix pour le bled. Pour la fortification de Calais et des places frontieres. Estat envoyé par le Roy.
i3 janvier 1562. (Fol. i io r°.)
" Veu par nous Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris les informations faictes à la re­queste du Procureur du Roy de lad. Ville, suyvant les lettres du Roy à nous envoiées le xxixe jour d'Octobre mil vc lxi dernier passé, signé: CHARLES, et au des­soubz : Bourgensis, pour donner advis sur la com­modité ou incomodité publicq de l'érection d'un poix commung pour poiser bled avant que de le por­ter au moulin, et la farine au retour d'icelluy. Et après avoir mis en deliberation en l'assemblée des Conseillers de lad. Ville etde plusieurs notables bour­geois et marchans d'icelle le faict dessusd, et contenu
esd. informations, a esté advisé ct resollu, soubz toutesfois le bon plaisir du Roy, que lad. ereclion de poix '*' est du tout incomode et grandement prejudi­ciable au publicq, et comme tel a esté led. poix abrogé et supprymé d'aneyennetté depuis le temps du roy Charles'5', ce que l'on n'eust souffert faire, s'il eust esté commode, et eust apporté aulcun proffict'0' ; pour lequel advis a esté consideré deux choses, asscavoir, la grandeur de la Ville et faulxbourgs, par toute laquelle sont espars les greniers, ausquelz y a et se vent grande quantité de grains, oultre ce qu'il se vent aux portz et places publicques, lesquelz, si on
favorable pour se jeter sur les maisons et les mettre au pillage, la Cour Ct le jour même défenses à tous vagabonds et gens sans aveu de porter épées ni dagues, leur enjoignant, sous peine de la hart, de quitter Paris dans les vingt-quatre heures. (Archives nationales, Parlement deParis, X1" 1599, -°1- 344 v° et 3/17 v°.)
C Le Petit Châtelet était une construction massive qui n'avait de remarquable que l'épaisseur de ses murs, couronnés de jardins : «Le Petit Chastelet, dit Guillebert de Metz, estoit si espes de murs que on y menroit bien par dessus une charrette.n (Paris et ses his­toriens, p. 161.)
(2) Les gouverneurs de l'Hôtel-Dieu en exercice en 1558 étaient J. Grolier, Guyot de Charmeau, F. Gayant, N. Perrot, J. Croquet, G. Choart, J. Delent, P. Le Maçon, Cl. Le Sueur, J. Messier et Cl. Marcel.
W Les registres capitulaires de Notre-Dame à cette époque mentionnent un procès engagé au Parlement entre le chapitre et les gouverneurs de l'Hôtel-Dieu, qui demandaient pour l'agrandissement de l'hôpital les maisons de la fabrique de Notre-Dame sises au Port-1'Evêque, c'est-à-dire au bord de la rivière, le long du jardin de l'évêché jusqu'au Terrain; ce litige traîna en longueur, car nous voyons, le 9 septembre 1575, le chapitre déléguer deux chanoines pour négocier avec les gouverneurs de l'Hôtel-Dieu l'échange de leurs maisons au Port-1'Evêque contre d'autres maisons que possédait l'Hôtel-Dieu au Port-Saint-Landri. (Archives nationales, LL 263, p. 704 ; LL 265, p. 4.)
(4' Le Registre porte : election et poix.
(-' Le scribe a laissé un mot en blanc dans le Registre.
(-' L'établissement d'un poids public des blés et farines à Paris remontait au temps du roi Jean, en vertu d'une ordonnance du 3o janvier i35o; ce poids public, supprimé pendant les troubles du règne de Charles VI, fut rétabli en i421, maintenu par lettres de Charles VII du 19 septembre 1439 e- subsista selon toute apparence jusque sous Charles VIII. Une ordonnance de police rendue au Châtelet le 23 novembre i54o imposa de nouveau l'obligation aux boulangers et fariniers de faire peser les grains. (Cf. De La Mare, Traité de la police,i. H, p. 1 io.)
v.                                                                                                                                                                i5
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